Ce lieu a été créé pour le plaisir de partager ce que j’aime avec le plus grand nombre. Je préfère le mot « partager » à celui de « transmettre ». C’est la raison pour laquelle j’aime les œuvres accessibles. 

Edouard Carmignac

🛳️ En route vers l’île de Porquerolles, à quelques minutes en bateau de la presqu’île de Giens à Hyères situé dans le département du Var au sud de la France. L’île de Porquerolles fait partie des trois îles d’Hyères que l’on prénomme également les îles d’or (Porquerolles, Ports Cros et  Le Levant). En 2018, un lieu d’exposition s’est ouvert au public la Villa Carmignac sur cette île dont le but est d’exposer la collection d’art contemporain du père et du fils Carmignac.

La Fondation Carmignac, créée par Edouard Carmignac en 2000, est constituée d’une collection d’art contemporain ainsi que d’un prix de photojournalisme. La collection d’art contemporain est principalement constituée de pop art avec des œuvres issues du XXe et XXIe siècles, avec des artistes tels qu’Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Jean-Michel Basquiat, Keith Haring et bien d’autres. Le prix Carmignac du photojournalisme est lui créé en 2009, dans le but de soutenir tous les ans la production d’un reportage d’investigation photographique sur une région du monde qui est menacée.  

Le journaliste lauréat reçoit une bourse qui va lui permettre de réaliser son reportage ainsi à son retour, il exposera son œuvre et aura un livre monographique constitué de son art. 

Ma visite à la Fondation Carmignac

Après cette petite présentation générale, une story time de ma dernière visite de la Fondation Carmignac, que j’avais déjà visité  auparavant, s’impose. Le 2 septembre 2020, je décide d’emmener mes deux aixoises préférées passionnées par l’art dans un lieu inoubliable et unique, qui est… ? Vous l’aurez compris je  présume, la Fondation Carmignac.

A 8h00 nous partons vers l’aventure, tout d’abord on prend  le bateau, un départ dans cette vaste méditerranée, une traversée de 10 min vers un voyage épique, un voyage vers la Fondation Carmignac, le lieu rêvé, le rêve de l’être humain apaisé par l’art.  

🚶‍♀️ A la suite de l’arrivée du bateau sur le port de Porquerolles, une marche s’impose pour rejoindre la fondation qui se situe à quelques minutes de marche dans la nature qui permet de préparer son esprit à l’absorption de l’art. Le chemin est un transport vers l’art contemporain. En immersion totale dans le bleu d’un été dans le sud, comme si la transparence de ce ciel bleu et de cette lumière ouvrait sur cette immersion future dans la Fondation.  

A l’issue de cette balade,  un immense portail nous accueille, il est fondu dans ce décor, ce décor naturel, où les feuilles et les arbres forment la poésie de la nature. Accueillies par l’équipe de la fondation, nous sommes  dirigées vers la billetterie, puis vers un point d’eau et de tisane, après tout il faut bien préparer  son corps et son esprit pour vivre pleinement cette expérience. 

👟 A l’entrée de la Villa, une information clé est stipulée, pour vivre pleinement cette expérience,  un point avec des chaises et des casiers permettent aux visiteurs d’enlever soigneusement leurs chaussures pour visiter la villa pieds nus. A mon sens, on va avoir ce sentiment de sacré envers ce lieu, le fait de retirer ses chaussures nous renvoie à un culte, on laisse tout le monde extérieur à l’entrée, on se consacre à ce lieu, à cette exposition, en commençant par libérer son esprit et son être.

L’exposition du 4 juillet au 29 octobre 2020 est « Prix Carmignac du  photojournalisme-10 ans de reportages » se traduit tel un recensement voir un manifeste de  10 ans de photoreportages des lauréats du prix Carmignac. Cette exposition elle va avoir un  contraste assez incroyable et déroutant pour le spectateur dans le sens où le lieu idyllique  contraste avec une réalité retranscrite par ses photos qui sont le témoin d’enjeux écologiques, de  la guerre, de l’atrocité de l’être humain, de ce qui se passe dans le monde et que l’on aurait pu  oublier en entrant dans ce lieu. On va avoir différentes thématiques :  

  • États de guerre 
  • Esclavages modernes 
  • Nouveaux Far West  
  • Oppressions et liberté d’expression  
Garabuli, mars 2016 © Narciso Contreras pour la Fondation Carmignac

Des photos, des images, une réalité qui troublent et fait réfléchir, une exposition qui marque les esprits. Je vais vous parler d’une œuvre qui m’a profondément marqué, je suis resté plusieurs minutes devant celle-ci, l’esprit vide, imaginant l’envers du  décor. La photographie (présente dans  la thématique Esclavages modernes) de Narciso Contreras, Migrants enfermés dans un centre de détention quémandant de l’eau, des cigarettes, de la nourriture et la liberté prise Mars  2016 à Garabulli en Libye marque un esprit à tout jamais. En 2016, Narciso Contreras remporte le Prix Carmignac du photojournalisme grâce à son reportage qui montre des migrants en Libye, une triste réalité.

Une œuvre que je ne présenterai ni dans sa prouesse artistique, ni dans le talent du photographe, ni dans l’historique mais dans le ressenti d’une  jeune fille de 20 ans. Debout, face à cette œuvre, je compte les mains, qui sorte de cette  minuscule trappe, j’aperçois le chiffre 5, je remarque également que le verrou n’est pas fermé, qu’est-ce qui les empêche de sortir, une armée ? Les armes qui pointent certainement la porte ?
J’imagine cet enfermement, l’insalubrité, la noirceur, la lumière qui n’est présente que par cette minuscule trappe lorsqu’elle est ouverte bien évidemment. Des sentiments me submergent, la peur, la tristesse de la réalité de ce monde, la prouesse de ce photographe, de cet artiste, de ce passeur d’Histoire. Je connais déjà la réalité de ce monde mais nous ne sommes jamais près à visualiser la triste réalité dans nos vies parfaites, là où la seule préoccupation et de savoir ce qu’il y a dans le frigo pour faire à manger.  

A l’issue de ces images, de cette triste réalité, de ces couleurs, de ces idées, de ces démonstrations fortes, le spectateur est invité à remettre ses chaussures et à méditer dans l’extérieur de la villa autour de ses arbres, ses plantes mais aussi des œuvres extérieures.  

J’ai adoré découvrir la fondation Carmignac ! On vous y accueil comme à la maison. On ôte ses chaussures, on se met à l’aise et on s’aventure dans ces grands espaces révélant un mélange d’Histoire et d’art surprenant. On se sent à proximité des œuvres et du discours qu’ont voulu transmettre les artistes à travers elles. Une partie extérieure nous fait remettre nos chaussures pour y explorer les œuvres dissimulés en harmonies dans cette nature méditerranéenne. J’ai beaucoup apprécié ma visite, et recommande la fondation Carmignac pour son concept original et ses œuvres saisissantes !
– Maëlle

Je conclus cet article avec une invitation celle de s’intéresser au « Prix Carmignac du photojournalisme » mais aussi de vous déplacer dans ce lieu qui offre une visibilité sur une collection d’art contemporain également selon la programmation. Finalement, la Villa Carmignac est un peu la naissance d’une utopie, l’utopie d’un lieu rêvé destiné à vivre pleinement l’art contemporain, un corps à corps, où plutôt un pied à pied avec la fondation et les œuvres qui la composent, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Cette exposition de l’été 2020, offre dans un lieu utopique la réalité du monde extérieur.  

Rendez-vous l’été prochain à la Fondation Carmignac, pour une expérience inoubliable

Un article de Lisa Magliano
A retrouver sur instagram:
@lisa_magl
@lapausecafeculture